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Razboi pe calea undelor / Cold Waves

jeudi 3 avril 2008 par Silvia Tinca

Réal Alexandru Solomon Roumanie, 2007.

Cold Waves est un documentaire long métrage réalisé dans les studios du poste de radio Europe Libre, révélant le visage de la voix qui pendant des années a résonné pleine d’espoir au delà du mur de Berlin, jusqu’en Roumanie. C’était la voix de la normalité, la voix de la vérité qui dans les pays communistes était bannie.

Créée en 1950 à Munich par les Américains et financée par la CIA, la Radio Europe Libre avait comme but de nouer des liens entre les pays démocratiques et les pays du bloc soviétique, en diffusant à l’est des émissions non-censurées de journalistes et intellectuels qui dénonçaient le régime et qui, dans la plupart des cas, avaient fuit leur pays respectifs. Le rôle de cette radio est devenu très important dans les années 70-80, quand les régimes dictatoriaux des pays de l’est ont commencé à tester la résistance des peuples à la misère.

La caméra du réalisateur Alexandru Solomon ouvre aujourd’hui la porte de ce qui était à l’époque la section roumaine de cette institution et discute avec les rédacteurs roumains qui y travaillaient dans les années 70-80 (aujourd’hui cette radio a cessé d’émettre en Roumanie, mais elle continue à émettre dans d’autres pays du monde). Le film se constitue principalement de leurs témoignages émouvants qui racontent les instants de satisfaction, d’attente ou d’inquiétude vécus en direct avec la Roumanie.

Le dictateur roumain, Nicolae Ceausescu, comprend le "danger" que la radio Europe Libre représente et il passe à des mesures de force. "Les sujets" considérés instigateurs sont repérés des deux côtés de l’axe. Plusieurs personnes sont suivies, menacées, même attaquées dans la rue (en Roumanie, comme à Munich), selon les déclarations des journalistes et des personnes impliquées.

Le 28 janvier 1981, une attaque à la bombe ébranle la section tchèque de la radio. Les enquêtes ultérieures attribuent cet incident grave au terroriste international Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, et concluent que la cible, manquée, en avait été la section roumaine, à la demande de Nicolae Ceausescu.

Dans les années 80 la situation politique et sociale devient de plus en plus difficile en Roumanie et la radio Europe Libre représente l’onde d’oxygène que les roumains captent chez eux dans l’obscurité. C’est le contact qu’ils gardent avec la réalité et ils ne le cachent plus.

Le message touchant marqué sur l’enveloppe de la lettre qu’un jeune roumain, qui veut écouter de la musique étrangère, envoie au rédacteur musical d’Europe Libre, en témoigne pleinement : "Dragi tovarasi de la cenzura, lasati aceasta scrisoare sa treaca. Noi iubim muzica si muzica nu are nici o vina". ("Chers camarades de la censure, laissez cette lettre passer. Nous aimons la musique et la musique n’y est pour rien.")

Malgré la touche personnelle d’Alexandru Solomon, toujours discutable dans un film documentaire et les témoignages un peu longs par moments, le film représente un document précieux sur l’époque communiste en Roumanie.


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