Les Soprano, créée par David Chase et réalisée par Timothy Van Patten (20 épisodes,1999-2007), John Patterson (13 épisodes, 1999-2004), Allen Coulter (12 épisodes, 1999-2004), Alan Taylor (9 épisodes, 1999-2007), Henry Bronchtein (4 épisodes, 1999-2002), Jack Bender (4 épisodes, 2001-2006), Steve Buscemi (4 épisodes, 2001-2006), Daniel Attias (3 épisodes, 1999-2002), David Chase (2 épisodes, 1999-2007) ; avec : James Gandolfini, Edie Falco, Michael Imperioli, Drea de Mateo, Jamie-Lynn Sigler, Robert Iler....
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DU JEU DANS LE CADRE
Incroyablement documentée, merveilleusement interprétée, filmée avec intelligence et audace, Les Soprano est une rareté télévisuelle. Chaque personnage est incarné avec justesse, une ambiguïté telle qu’il nous manquerait juste d’être affranchi. Chaque épisode est une pépite de créativité où tout joue, dans le cadre, du personnage central à la joggeuse obèse de l’arrière plan. Freudienne, Lacaniste et Deleuzienne, chaque saison est jubilatoire.
DES ACTEURS ORGANIQUES
JAMES GANDOLFINI
Acteur tout en nuances, incroyable, passionnant ! James sait jouer dans tous les registres. Son interprétation organique dans Les Soprano marquera à tout jamais les "boss" du milieu visuel. Avec une identité unique, un style moderne, James s’aligne aux côtés des plus grands : Cagney, Brando, Pacino... Capable de passer de la contention à un explosion généreuse et sauvage, Gandolfoni déroule son jeu avec classe et finesse. Connaissez-vous le Big Drave Brewster (2001 : The Barber : l’homme qui n’était pas là (The Man Who Wasn’t There), récompensé au Festival de Cannes par le Prix de la mise en scène), personnage dominateur des frères Cohen ? Peut-être préférez-vous le voir dans Romance and Cigarettes (Un film de John Turturro réalisé en 2005), incarnant le personnage de Nick Murder. Ne vous trompez pas. James Gandolfini est en devenir et ça, c’est bon signe...
EDIE FALCO
Votre filmographie est époustouflante, d’Abel Ferrara (Nos funérailles) à Woody Allen (Coup de feux sur Brodway) en passant par Joe Roth (Freedomland). Edie Falco, il fallait être d’une grande envergure pour tenir tête à James Gandolfini. Il faut qu’une réplique soit immense pour révéler et mettre en valeur un premier rôle. Madame, vous incarnez Carmela Soprano avec densité. Epoustouflante, vous transposez à merveille la vie de cette femme et épisode après épisode vous nous faites découvrir toutes les strates de Madame S. On peut dire que vous savez mettre de la vie dans votre jeux !
ROBERT ILER
Robert Iler, alias A.J Soprano, est surprenant de vérité dans son rôle de jeune ado. Il incarne à merveille un fils complexé, ingénu, un héritier en pleine crise de panique. À travers lui passe toute la fragilité de Tony, il en est son miroir.
JAMIE-LYNN SIGLER
Ce jolie corps que l’on a vu muer au fur et à mesure des saisons a un talent fou. Elle a une façon de rouler... les yeux... Je ne vous dis pas ! Meadow Soprano est la fille à papa, celle qui fait flancher Tony et les autres. Pour l’instant, une courte carrière. Laissons-la pousser. Suivons-la film après film, série après série. Comme dirait A.J. Soprano : "The meeting is over."
MICHAEL IMPERIOLI
Acteur, producteur, scénariste : aujourd’hui, rien de surprenant... mais quand même ! Quand on a écrit le scénar de l’excellent Summer of Sam, c’est que le talent est tout de même là. Tiens, bizarre, cela ne vous rappelle rien : Producteur, scénariste ? Mais si ! Un certain Christopher Moltisanti dans "Les Soprano" ! Etrange, non ? Eh oui ! Christopher, le neveu de Tony. Un amoureux qui se fait manipuler par l’assistante d’un réalisateur d’Hollywood. Lui, Moltisanti, un Soprano ! Le toxi des Sop, mélange de naïveté et d’oisiveté, mais attention, quand il s’agit de manier le gun chez Satriale, il devient très pragmatique. Michael Imperioli, c’est une démarche cool, casi aérienne, la sape, un jeux subtile, des yeux qui vous parlent, une écoute tranquille. Une gueule, quoi !
DREA DE MATEO
Allez ! Vous n’avez pas craqué ? Franchement ? Homme, femme ou autre ? La belle Drea est une féline, son corps entier donne la réplique. On dit qu’au casting de ce qui allait devenir une série culte, Les Soprano, ses griffes ont caressé la prod, ne leur laissant pas d’autre choix que de lui donner un rôle plus important que celui prévu : la belle Adriana La Cerva, l’officielle de Moltisanti sur plusieurs saisons. Être partenaire de Drea de Mateo demande du calme, il faut se poser pour réceptionner son phrasé à l’odeur de bubble-gum. Elle a fait cligner les yeux des plus grands, notamment ceux d’Abel Ferrara dans RXmas où elle incarne une femme d’affaire peu banale. Dans ce film, on part en fumée, consumés par son jeu. On dit que dans le Zoe Cassavettes Broken English, on en perd son latin. Gracie, Drea.
PLUS QU’UNE SÉRIE, UN CHEF D’ŒUVRE
Non, "Les Sop" n’est pas qu’une série ou un film sur ce que certain appellent "La Mafia". HBO nous a offert durant une décennie une série profondément humaine dont nous sommes encore loin de saisir l’impact. Bien sûr, beaucoup n’y voient qu’un film de plus qui met en valeur des sociopathes, des gangsters américains, mais elle nous plonge d’une façon clinique dans les méandres et les mécanismes de la violence.
Franchement, celle-ci vaut vraiment la peine d’être en Coffret DVD, si vous voyez ce que je veux dire...
Merci à David Chase*et à HBO.
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[1] David Chase, lui même italo-américain, est le créateur des Soprano et le réalisateur de l’excellent pilote de la série.
