Le regard des enfants et des femmes
vendredi 5 octobre 2007 par Guy Braucourt
Il y a cette année quatre films dans la sélection du festival qui posent un regard particulier sur le monde : un regard d’enfant. Films de pays différents : Venezuela, Brésil, Mexique, Argentine ; des thématiques différentes : dictature et clandestinité, raisons de vivre et suicide, nature et spiritualité ; des registres différents : politique, existentiel, philosophicométaphysique. Mais tous portés par cette unité de regard qu’on baptisera d’un très beau nom : l’innocence... Qu’est ce qu’un enfant peut comprendre de l’absence de ceux qu’il aime, du mystère de la mort, de la révélation de ce qui est derrière les apparences ? Que les cinémas d’Amérique latine, continent à la fois violent et mystique dès les temps précolombiens, se posent, nous posent ces questions, n’est par contre ni innocence ni hasard. Pas d’avantage que celles provoquées par un autre regard également très présent dans cette cuvée 2007 : celui des femmes, cette fois en tant que cinéastes, venues d’Argentine, du Venezuela, du Brésil... La première nous parle de prison, et donc de liberté ; la deuxième de guérilla et donc de vie et de mort ; la troisième de métissage et donc d’identité. Et l’on a d’autant mieux fait le tour grâce à elles que sous chacun de leur regard, il est aussi question d’amour. Si bien qu’à travers ces trois enfants, et ces trois femmes, tout est dit, montré, filmé. Et tant qu’un continent saura ainsi leur donner la parole et l’image, il ne sera malgré tous ces problèmes, ni perdu, ni sans espoir.