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- Images en mouvement, p1
- Le celluloïd en ADN, p1
- La création et l’hybridation, p1
- Quelle place dans le cinéma ?, p1
- La musique électronique comme outil sonore, p1
- “Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit” René Char, p1
- Asleep, p1
- Hybride, p1
- Un long en court ?, p1
- Anticipation, p1
- Liens , p1
- Agenda Johanna Vaude , p1
- Filmographies :, p1
En chercheuse, Johanna Vaude explore sans complexe toutes les formes de la créativité. En passeuse, elle nous restitue ses rêves.
“Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé.”
René Char
Images en mouvement
Je n’ai pas de véritables influences cinématographiques car j’aime beaucoup de domaines différents. J’aime avant tout ce qui me parle dans une œuvre, quelle soit littéraire, visuelle ou musicale. Je suis également très attirée par les découvertes scientifiques. En fait c’est en commençant à faire des films que j’ai découvert tout un univers cinématographique (art vidéo, cinéma expérimental, cinéma traditionnel, animation, documentaire) et un milieu alternatif. Bien avant de mettre mes images en mouvement, je pratiquais d’autres disciplines artistiques (photos, peintures, installations...). Donc beaucoup de choses m’influencent. Mais avant tout, c’est la vie elle-même que j’observe et découvre. Mon œil capte certains événements et situations, je les absorbe, les réfléchis puis une fois compris, je les restitue à ma manière.
Le celluloïd en ADN
J’ai commencé par des études d’Arts Plastiques à la faculté de Saint-Charles où j’ai pu toucher à tout les domaines artistiques et surtout, j’ai pu allier pratiques et théories. Je me suis ensuite concentrée uniquement sur mes films, car j’avais une soif de créer hors du système éducatif. Le cinéma était pour moi une délivrance, une possibilité de pouvoir conjuguer toutes les pratiques que j’avais exercé en amont. C’est durant cette période que mes films ont commencé à être projetés dans différents lieux et que j’ai eu des rétrospectives (Cinémathèque Française, Festival de Pantin, Festival de Pesaro en Italie). Les événements sont allés très vite, alors j’ai pris une pause et me suis concentrée pour rédiger un DEA sur l’hybridation plastique avec les nouvelles technologies dans le cinéma expérimental contemporain à la faculté de Paris 1, Panthéon Sorbonne (Cinéma, multimédia). C’est ainsi que Nicole Brenez, responsable des séances d’avant-garde à la Cinémathèque Française, m’a donné une carte blanche durant deux mois basée sur le thème de ma recherche : Greffe, fusion, hérédité. L’hybridation est un phénomène naturel, on l’observe dans la vie. J’ai donc observé le cinéma expérimental, d’animation, de documentaire, d’art vidéo, etc. comme s’il était lui-même un organisme vivant en train de muter. C’est d’ailleurs le cas, le cinéma se transforme, il se dirige vers de nouveaux supports et techniques tout en gardant des traces "génétiques" des anciennes pratiques liées à la pellicule.
La création et l’hybridation
Je suis en constante recherche, mouvement, interrogation. Disons que je fais des films pour dialoguer et transmettre une autre façon de voir. J’aime que mes créations soient un support de réflexion et d’interrogation. Car souvent, mes films partent d’un questionnement ou d’un désir d’orienter notre regard vers des visions délaissées et qui pourraient se révéler. Une chose est sûre, pour l’instant je ne souhaite pas rentrer dans un quelconque cadre, j’aime être hors catégorie et pouvoir surprendre. Le terme "cinéma expérimental" parfois me gène, car il est souvent trop rattaché uniquement à l’expérimentation d’un support et qui à l’époque était la pellicule. L’expérimentation pour moi fait partie intégrante d’un acte créateur. Lorsque tu créés, tu te risques, sinon il n’y a pas de création, elle ne peut pas avoir lieu. Et surtout, l’expérimentation peut se situer à des tas de niveaux différents, pas uniquement au niveau d’un support technique. Le terme "hybride" est arrivé très vite lorsque les gens ou des journalistes voulaient décrire mes films. Pour l’instant ce terme me plaît car c’est celui qui se rapproche le plus de ma pratique. Pourtant, tout est hybride et l’hybridation a toujours existé dans le cinéma artisanal ou d’avant-garde... ce qui change aujourd’hui, c’est l’hybridation qui se fait avec de nouveaux outils que sont les nouvelles technologies.
Quelle place dans le cinéma ?
Je ne me place pas pour le moment. Car ma pratique se situe à la croisée de différentes pratiques artistiques et techniques. Certains voient là un nouveau genre du cinéma expérimental, d’autres de l’art vidéo... Et d’autres pensent au contraire que je ne rentre absolument pas dans ces catégories ! Mes créations sont hybrides aussi bien au niveau des techniques que des thématiques qui sont abordées dans mes films. Car ce qui compte avant tout pour moi, c’est de réussir à donner à voir ce que je pressens ou perçois. Donc c’est toujours le thème du film qui va influencer la technique qui sera employée. Comme je travaille avec de petits moyens (ce sont des films faits à la maison et sans argent), je me mets à inventer des procédés pour faire apparaître à l’écran ce que je souhaite transmettre en profondeur. Chaque film est un défi que je me lance.
La musique électronique comme outil sonore
Je crois que naturellement la musique électronique fait partie de ma génération. Je voyais en elle un formidable outil de possibilités sonores et de différents genres. Cette musique est également très hybride, elle puise et mixe ses sources dans beaucoup de domaines différents. Ce qui me plaît, c’est l’alliance de sons qui peuvent être très subtiles et recherchés à des sons totalement trafiqués. C’est le cas par exemple de la bande sonore faite par Eric Fischer sur mon film L’œil sauvage, qui joue lui-même de la clarinette basse, ou Rémy Laurençon pour mon film Samouraï qui allie musique traditionnelle à des sons très contemporains. Depuis que je me mets à créer certaines musiques de mes films, je réalise que c’est une pratique proche de l’image. On peut la transformer, la triturer, la monter, la confronter à des techniques plus anciennes pour obtenir des résultats insoupçonnés.
“Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit” René Char
La vraie vie est dans tout. Dans les rêves et la réalité du jour. Ce qui est important, c’est de réussir à concrétiser ses rêves dans cette réalité dure que nous côtoyons chaque jour (et encore, il y a des réalités plus dures que la nôtre). C’est un équilibre difficile à obtenir, car le scénario que nous impose les sociétés ont tendance à nous écarter de cette vie qui est pourtant là, bien présente en nous. Nous sommes constamment trompés, entraînés dans des illusions, finement manipulés...
Asleep
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Asleep a été tourné en une seule nuit, uniquement en vidéo numérique. Je n’ai pas cherché à faire un film esthétique, mais un film brut et brutal sur le constat d’une ville (en l’occurrence Paris), qui génère de plus en plus de sans abris. Des personnes qui souvent travaillent et ne peuvent pourtant pas vivre dignement. Le texte du film est parti d’une de mes poésies et d’un texte de Pierrick Moulins. Nous avons collaboré pour réadapter nos textes. Ancien conteur professionnel, Pierrick Moulins a déclamé le texte final avec sa parfaite diction pour déclamer un cri d’urgence à travers la capitale, entrevue comme une sorte de labyrinthe désert et inhumain. J’ai voulu parler de ce que je voyais là, quotidiennement et qui nous semble presque normale dans une société dite "civilisée". L’appel du film "Réveillons-nous" s’adresse à tous, et je m’y inclus également, car personne n’est à l’abri de cet endormissement qui nous guette et nous dorlote chaque jour...
Hybride
Le dvd "Hybride" a été édité par le label indépendant Lowave avec le soutient du CNC. Il comporte six films : L’œil sauvage, Notre Icare, Samouraï, Totalité remix, De l’Amort et Exploration. Chaque film est très différent et on peut bien percevoir l’évolution de mes techniques d’hybridation. Au départ, je refilmais certains de mes plans vidéos en film Super 8 afin de pouvoir peindre directement sur la pellicule. Puis, petit à petit, j’ai refilmé la pellicule Super 8 en numérique afin de la rentrer sur le disque dure de mon ordinateur et de la confronter aux nouveaux outils numériques. A force d’expérimentations, j’ai fait toutes sortes d’allers et retours entre la pellicule et le format numérique, entre des images récupérées et transformées et des plans de ma propre construction. Pour en savoir plus, il faut surtout les regarder...
Un long en court ?
Oui. Mais, il me faudra d’abord trouver un producteur assez courageux pour se lancer dans l’aventure et mener le projet à bien... Un producteur qui me laisse libre dans mes choix artistiques, dans ce que je souhaite transmettre. Qui accepte de me faire confiance dans les techniques qui seront employées, et de transformer les repères du cinéma classique. En somme une véritable relation de confiance.
Anticipation
Je viens tout juste de terminer un nouveau film "Anticipation" qui sera présenté prochainement lors d’une séance ImpaKt à l’INHA (Institut National d’Histoire de l’Art) organisée par l’association "Les Trois Lumières". Actuellement je dois me concentrer sur des projets plus en relation avec une demande toujours croissante : la vente de mes photogrammes (agrandissement de certaines images de mes films). Je prépare et étudie la question pour créer ma boutique en ligne afin que le public puisse choisir et se procurer des agrandissements de bonne qualité sur la base de tirages numérotés et signés. Cette boutique sera le fruit d’une collaboration. J’ai encore beaucoup d’autres projets... mais chaque chose en son temps...
Liens
Agenda Johanna Vaude
28 / 02 / 08
Séance Impakt à l’INHA Entrée libre. 2, rue Vivienne 75002 M° Bourse - Paris / France
01 / 03 / 08
"Notre Icare" & "De l’Amort" for i^3_CATEGORY TERRORISTS FESTIVAL - (international | independent | interstitial) festival - Chicago / USA
29 / 03 / 08
"De l’Amort" (Love & Death) at the TATE MODERN for a special cycle of french avant Garde in association with the Cinémathèque Française : Paradise now ! Essential French Avant-Garde Cinema, 1890-2008 London / UK
31 / 03 / 08
"Notre Icare" (2001) Programa 3 : Les artisans - Lunes 31 de marzo de 2008 a las 20:00 h Teatro del Instituto Francés de Madrid C/ Marqués de la Ensenada, 10 - M° Colon / Alonso Martinez - Madrid / España
Filmographies :
De l’Amort (2006)
Exploration (2006)
Totalité remix (2005)
Asleep (2005)
Samouraï (2002)
Tryptique
she’s gone away (2001)
Notre Icare (2001)
Totalité (1999)
L’oeil sauvage (1998)
Autoportrait & le monde (1997)











