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Né à La Paz en 1936, formé à l’école du cinéma documentaire, Jorge Sanjinés et son groupe de production Ukamau (formé avec Osar Soria, Ricardo Rada, puis Antonio Eguino en 1967) nous rappellent que le cinéma militant n’a été inventé ni par les français ni par les années 68 ! Dès 1963-64, le court métrage Révolución !, que l’on baptisera plus tard "Le Potemkine de Sanjinés", aborde les thèmes d’un cinéma politique qui ne tombera jamais dans le théorique car toujours physiquement installé sur le terrain, géographique autant que social. Tout le cinéma, collectif ou individuel (si tant est qu’il en ait vraiment fait un jour) de Sanjnés est là, que l’on retrouvera développé, mûri, mieux maîtrisé, soit de l’intérieur de la réalité bolivienne avec Ukamau (1966), ou avec Yamar Maliku (le sang du condor), cette fois parlé en quechua et dont la première fut interdite en juillet 1969. Soit de l’extérieur et de l’exil avec el coraje del pueblo (1971) et El Enemigo principal (1973). Le volontarisme d’une telle démarche, toujours sainement obstinée à être militante et didactique (ce que certains ne manqueront pas de lui reprocher !) s’accompagnant dune méthode de travail et de filmage en parfaite adéquation avec son idéologie : participation accrue des paysans à l’élaboration, aux dialogues ou plutôt aux discussions, aux débats du film ; lent effacement des frontières pouvant exister entre fiction et réalité ; glissement du protagoniste et du cas individuels au personnage collectif de la communauté indienne et paysanne... Ce qui confirmera, après son retour d’exil dans les années 80, un film comme La nación clandestina(1989)
Guy Braucourt
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Films de Sanjinés, ou : le combat pour un autre cinema1er novembre 2007, par Raul VengeraIl est bien de rapeller au gens qu’il existe d’autre cinema. Il doit y avoir une place pour le cinema engagé. Je viens de découvrir votre site et je le trouve sympatique. Merci de nous faire découvrir autre chose !
