Un père amène son fils passer une audition dans la grande ville voisine. Le thème est assez simple, déjà vu et revu. Pourtant, on se laisse embarquer facilement dans ce voyage - initiatique - qui conduit l’adolescent vers l’âge adulte et redonne au père l’estime de soi. C’est que les qualificatifs choisis par Ognjen Svilicic pour donner vie à cette histoire donnent le relief nécessaire à l’originalité.
Un père, bosniaque, plutôt modeste, amène son fils de 14 ans, épileptique, à Zagreb, passer une audition pour un film « occidental » consacré à la guerre. La douce ironie de la confrontation des mondes et du dialogue impossible, conjuguée aux maladresses du coeur et à l’énergie du désespoir vont mettre en lumière toute la beauté de la relation entre le père est le fils.
Si Ognjen Svilicic, venu présenter son film dans le cadre des Western Balkan Film Days de Bruxelles, semble vouloir s’absoudre de l’étiquette « balkanique » au profit de « l’universalité des sentiments », si l’on ne peut que le féliciter de vouloir jeter au loin les clichés, et s’amuser de l’entendre rétorquer « quand je vais à Zagreb, je ne pense pas que je vais dans les Balkans occidentaux », il n’en demeure pas moins qu’il s’inscrit dans un mouvement de cinéma sud-est européen caractérisé par l’humour et l’ironie sensible.
